La gamme Disney Princesses est-elle sexiste ?


Cet article a été écrit par mes soins pour Voxmakers le 7 Avril 2014.


Ai-je vraiment besoin de vous présenter Disney, l’entreprise qui fait rêver les petits et les grands depuis plus d’un siècle ? Maître de l’animation, Disney grandit encore plus avec les rachats de Pixar, Marvel ou Lucas Art dont d’ailleurs certains se moquent gentiment.
Parmi toutes les productions, la gamme Disney Princess est devenue une franchise à part, mettant en scène certaines princesses venant des films Disney, dans le but de vendre des produits et pour donner des modèles et des valeurs aux petites filles. Et ce fut un succès vu qu’elle est devenue la franchise la plus rentable de Disney !
À ce jour 13 "princesses" sont mises en scène. Elles peuvent être princesses de naissance (Blanche-neige, Aurore, Ariel, Jasmine, Raiponce, Merida, Anna et Elsa), par mariage (Cendrillon, Belle et Tiana) ou pas princesse du tout, mais incluses pour pouvoir toucher un public plus large (Pocahontas et Mulan). D’autres demoiselles sont parfois montrées avec elles, mais ne sont pas considérées comme officielles (Kida de Atlantide, Alice, Megara d’Hercules ou Esmeralda du bossu de notre-dame).




Pourquoi cette sélection ? Parce qu’il faut choisir celles qui se vendront le mieux. C’est pour ça qu’il y a une certaine variété dans le choix des princesses officielles (Mulan, Pocahontas, Tiana ou Merida sont de bons exemples). Le choix dépend aussi du succès du film (c’est pour ça qu’on ne verra jamais la princesse Eilonwy de Taram et le chaudron magique). Elles aiment bien chanter aussi et doivent véhiculer des valeurs comme la patience, la générosité, la compréhension… Dernier point, elles doivent être des canons de beauté, quitte à les redesigner un peu (ce qui a créé une polémique pour Mérida, la princesse sauvage et garçon manqué) et il ne faut pas se restreindre sur les paillettes !

Malgré le succès des princesses, beaucoup de personnes ont pointé du doigt cette franchise comme étant sexiste et de mauvais modèles pour les petites filles, une haine des princesses en général peut-être. Même si je pense que chacun aura son avis sur la question, nous allons essayer de voir dans quelles mesures cette franchise offre de bonnes / mauvaises valeurs pour les petites filles. Pour ça, nous allons étudier les princesses en les regroupant en sous catégories :


Les princesses très classiques (Blanche-neige, Cendrillon et Aurore)

Leurs films étant sortis respectivement en 1938, 1950 et 1959, elles furent un modèle de féminité pour les petites filles de l’époque. Elles étaient gentilles, patientes, amies avec toute petite créature vivante, douées pour les tâches ménagères (Siffler en travaillaaaaaaaaant) et cherchant le prince charmant. C’était malheureusement les qualités qu’on demandait aux femmes dans la première moitié du 19ème siècle. Quant à leurs activités dans leurs films, Aurore est sûrement le pire exemple vu qu’elle dort pendant la moitié, le film se passe plutôt vu des fées. Blanche-Neige sert de femme de ménage aux 7 nains et Cendrillon est traitée comme une esclave par sa belle-mère, l’inondant de tâches ménagères. C’est un peu mieux mais c’est clairement loin d’être des femmes fortes ou indépendantes. Elles arrivent quand même à atteindre leur but, se marier avec un prince (dont le nom n’est parfois même pas donné dans le film) juste grâce à leur physique…
On peut donc dire qu’elles ont assez mal vieilli, même si la gentillesse ou la générosité sont toujours des valeurs importantes à donner aux jeunes générations.


Les princesses rebelles (Ariel, Belle et Jasmine)

Le début des années 1990 ont vu l’arrivée de 3 grands classiques Disney mettant en scène des princesses : La petite sirène en 1989, La belle et la bête en 1991 et Aladdin en 1992. Disney a pris de l’expérience et ça se ressent, les princesses ont une personnalité plus développée et des buts différents. Ariel a une fascination pour le monde de la surface, et même si c’est au final pour se rapprocher de l’homme qui lui plaît, elle aime vraiment le monde des humains, bien avant sa rencontre avec le prince Eric. Elle est aussi plus têtue que ses prédécesseuses, mais elle garde le côté rêveuse et fleur bleue. Dans le même style, Belle se démarque par sa passion pour les livres et son objectif premier qui n’avait rien à voir avec son futur amoureux (elle voulait en effet sauver son père). On se souviendra aussi qu’elle hésitait à tenir tête à Gaston ou la bête. Quant à la dernière princesse de cette époque, Jasmine de Aladdin, elle fugue parce qu’elle ne veut pas épouser un prince parce que la loi lui impose, elle veut un mariage d’amour. Même si on reste dans le thème de l’amour, il est abordé différemment et Jasmine est loin de rester passive pendant le film (elle fait même du saut à la perche à un moment !).
Même si elles restent rêveuses et assez accrochées à leurs hommes, ces princesses changent des princesses plus classiques par leurs personnalités plus développées et leur rôle plus présent dans leurs films.


Les princesses exotiques (Pocahontas, Mulan et Tiana)

Disney a essayé durant les années 90 et 2000 de changer vraiment de décors pour ses films et donc forcément, les princesses venant de ces œuvres sortent un peu des moules (même si ça avait commencé avec Jasmine déjà). Ainsi naîtront Pocahontas en 1995 (qui n’est techniquement pas une princesse, mais la fille du chef, et étant une native américaine), Mulan en 1998 (pas du tout princesse, mais sauveuse de l’empire chinois, et qui est donc asiatique) et Tiana en 2009 (qui est la première princesse afro américaine). On peut vraiment les considérer comme des femmes fortes et indépendantes. D’une part, Pocahontas n’est jamais en danger, elle se débrouille très bien dans la nature, elle sauve même son homme d’une mort certaine. D’ailleurs, bien qu’ils soient amoureux, ils ne vivent pas ensemble à la fin du film, en effet, John Smith rentre au Royaume-Uni (au passage, la sequel où Pocahontas a un autre mec n’est pas considérée comme officielle, et John Smith est l’amoureux officiel de l’indienne). Mulan est une icône de féminisme dans les dessins animés. Elle se fait passer pour un homme pour aller à la guerre à la place de son père. Sa romance avec son supérieur est bien secondaire. Enfin Tiana veut tenir son propre restaurant et sauve les fesses de son mec également.
Des filles actives et venant de cultures bien diverses, que dire de plus ? Il reste quand même le côté romance, mais il est moins surréaliste.


Les princesses modernes (Raiponce, Mérida et La reine des neiges)

Fini les dessins, place aux images de synthèse avec ces 3 derniers films ayant en scène des princesses Disney :Raiponce (2010), Rebelle (2012) et La reine des neiges (2013). Raiponce est un film présenté comme féministe (et il devait l’être plus à la base). Même si c’est une princesse assez classique au premier abord (blonde, longs cheveux, éloignée du monde), elle renverse les codes en devenant une princesse qui sait se battre (avec ses cheveux ou sa poêle). Pour Rebelle, la promo du film a été basée sur l’idée de « les filles peuvent être indépendantes », et Mérida le prouve. Douée pour l’arc et plutôt sportive, elle se révolte contre sa mère qui voudrait qu’elle soit une princesse modèle. Même son design suit cette idée : elle est rousse et a une masse de cheveux frisés et indomptables. C’est aussi la première princesse Pixar, la première qui ne chante pas et la première qui n’a aucun potentiel amoureux. Enfin Anna et Esla, les 2 sœurs de La reine des neiges seront les 12ème et 13ème princesses prochainement. Le film reposant sur l’amour entre sœurs, les 2 héroïnes se complètent : Elsa a des pouvoirs de glace qu’elle a dû cacher aux yeux du monde et de sa sœur, ce qui l’a rendue méfiante et solitaire. Elle a cependant un grand sens des responsabilités, et devient la première reine de la gamme Disney Princess, en plus d’en être la plus vieille avec ses 21 ans. À l’inverse, Anna n’a aucun pouvoir, elle est naïve (Disney s’auto-parodie d’ailleurs à travers elle et son envie d’épouser un homme qu’elle vient de rencontrer) mais pleine d’énergie et de courage. Elle finit en couple, mais ce n’est pas encore le mariage.
Ces princesses modernes sont clairement des modèles de féminisme, les gens accrochent et Disney semble vouloir continuer sur cette voix.


Image
Source : http://silentmermaid21.deviantart.com/a … -357542842

Que pouvons-nous conclure à propos de cette franchise ? On apprécie la variété dans les princesses (on a des battantes, des fleurs bleues courageuses, des dociles jouvencelles…) et les valeurs qu’elles véhiculent sont toujours bonnes. Le problème est que Disney met l’accent sur le côté féminin en redesignant les princesses pour leurs produits (plus de paillettes, plus de bijoux, plus de maquillage, plus sexy). Cela avait provoqué une polémique pour Mérida.
Étrangement, au niveau de la popularité, ce sont des princesses classiques qui au sommet comme Ariel ou Aurore, alors que les moins aimées sont les princesses exotiques comme Mulan et Pocahontas.


Sources :
http://pseudo-mew.blogspot.fr/2013/07/u … t-pas.html
http://www.nerve.com/entertainment/rank … ist?page=2
http://tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/F … eyPrincess

http://disney.wikia.com/wiki/Disney_Princess

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